L'isoloir

Municipales 2014: journal de campagne à Paris

Municipales #Paris2014 : NKM impose son tempo à la campagne

La candidate PS à la mairie de Paris Anne Hidalgo

Anne Hidalgo présente ses « priorités » pour Paris, lundi lors d’une conférence de presse dans le XIXe

« Indigne », « malsain », « irresponsable », « gesticulation », « instrumentalisation » : Anne Hidalgo n’a pas été tendre lundi matin à l’égard des propos tenus par Nathalie Kosciusko-Morizet contre les Roms et sur la sécurité. « J’ai l’impression que les Roms harcèlent beaucoup les Parisiens », avait lâché NKM sur i-télé, en accusant la municipalité sortante de « laxisme » et en prônant le rétablissement de l’arrêté anti-mendicité agressive et l’évacuation des campements illégaux.

En matière de sécurité, « il faut pas qu’ils la ramènent », s’est agacée la candidate PS à la mairie de Paris, qui présentait au café la Rotonde, dans le 19e arrondissement de Paris, ses « priorités » pour la capitale.

« Ils nous ont plantés sur la sécurité »

NKM réclame plus de caméras de vidéosurveillance ? « Parler de vidéoprotection quand on a contribué à supprimer 3.000 policiers en cinq ans à Paris, c’est un peu se moquer du monde », a lancé une Anne Hidalgo mordante. La candidate PS « réclame » désormais haut et fort les 1.500 postes de policiers perdus en trois ans pendant le mandat de Nicolas Sarkozy, alors que NKM était ministre. « Ils nous ont plantés sur la sécurité quand ils étaient au gouvernement ! », accuse-t-elle. « Ce que je veux, c’est plus de policiers à Paris », a martelé lundi la première adjointe de Bertrand Delanoë. Reste encore à savoir ce qu’en pensera Manuels Valls, actuel ministre de l’Intérieur…

Sur la question des Roms, « les propos qu’on a entendus ne sont pas très dignes et à la hauteur des problèmes que nous rencontrons », a estimé Anne Hidalgo. Face à des « réseaux criminels », « ce n’est pas en donnant des pouvoirs de police aux pervenches qu’on va régler » les problèmes, a-t-elle ironisé en faisant allusion à une proposition de son adversaire UMP.

« Hors de question d’accepter que Paris devienne un campement géant »

Mais si elle ne veut pas « stigmatiser une population » et dénonce « l’exploitation » de ce sujet par la droite, la candidate PS entend néanmoins « reconnaître les problèmes ». « Il est hors de question pour moi d’accepter que Paris devienne un campement géant », a-t-elle lancé, reprenant mot pour mot une expression déjà utilisée le matin même sur BFMTV. Par ailleurs, « il n’est pas acceptable que des bébés de quelques jours soient dans la rue », a-t-elle insisté, évoquant ces familles Roms qui dorment à même le trottoir ou dans des cabines téléphoniques, place de la Bastille notamment.

Si elle ne tient pas le même discours que son adversaire -« moi je veux des solutions efficaces, pas des gesticulations », dit-elle-, Anne Hidalgo n’en a donc pas moins jugé nécessaire de monter au créneau sur ce thème. Selon un sondage de l’institut CSA réalisé en juillet dernier, la lutte contre la délinquance figure en troisième position dans les préoccupations des Parisiens (37%), derrière l’accès au logement (47%) et la circulation et le stationnement (42%) (l’immigration figure en 11e place, citée par 16% des Parisiens). Or, le logement et les transports étaient justement les deux premières priorités développées lundi matin par Mme Hidalgo, avec des propositions qui risquent fort d’être éclipsées par la polémique sur la sécurité et les Roms.

NKM mène le bal

Et c’est bien là que le bât blesse. Une nouvelle fois, la candidate PS est contrainte de faire campagne sur un terrain choisi par son adversaire. Déjà, elle avait dû s’engager à ne pas augmenter les impôts si elle était élue, alors qu’elle était violemment attaquée sur ce thème par NKM. Lundi matin encore, Anne Hidalgo était amenée à prendre ses distances avec le gouvernement en jugeant qu’il était allé « trop loin » en matière de fiscalité.

Challenger de cette élection, l’ancienne ministre UMP a opté pour une campagne agressive, clivante, très à droite, pour souder son camp et déstabiliser son adversaire. Pour cela, elle applique une technique qui a été celle de Nicolas Sarkozy : une semaine, un thème, un buzz. Le PS a beau s’indigner, dénoncer des « mensonges » ou des chiffre approximatifs, un débat « indigne », il ne parvient pas à imposer ses thèmes dans la campagne. NKM mène le bal. Car elle le sait : une campagne molle, consensuelle, polie, ne peut que favoriser Anne Hidalgo, qui bénéficie pour l’heure d’un socle électoral solide et de la popularité du maire sortant Bertrand Delanoë. Si elle ne veut pas voir ce capital fondre, Anne Hidalgo va sans doute devoir montrer les dents.

Christine Ollivier

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Cette entrée a été publiée le 23/09/2013 par dans Hidalgo, NKM, PS, UMP, Uncategorized, et est taguée , , , , , , , , , , , .

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