L'isoloir

Municipales 2014: journal de campagne à Paris

Municipales #Paris2014 : Pourquoi NKM veut changer les règles du jeu

Nathalie Kosciusko-Morizet, candidate UMP à la mairie de Paris

Nathalie Kosciusko-Morizet, candidate UMP à la mairie de Paris

« Il faut changer le mode de scrutin à Paris ». En campagne pour les élections municipales de 2014, la candidate UMP Nathalie Kosciusko-Morizet réclame depuis quelques jours une petite révolution dans la capitale : un suffrage direct pour « que les Parisiens puissent voter pour leur maire, comme tous les autres Français ». Avec pas mal d’arrières-pensées : un tel changement accroîtrait considérablement ses chances de l’emporter face à sa rivale PS Anne Hidalgo.

Car le système actuel, très complexe, favorise de fait les sortants, à savoir le Parti socialiste. Dans la plupart des communes françaises, les électeurs votent pour une liste de candidats dont le leader a vocation à devenir maire en cas de victoire. Une fois les résultats du vote connus, il est donc simple de savoir qui sera le nouvel élu. Mais dans la capitale, c’est nettement plus compliqué : ce n’est pas une, mais 20 élections qui vont avoir lieu en même temps en mars 2014 dans les 20 arrondissements de Paris. Et c’est le résultat global de ces 20 élections qui décidera du nom du futur maire.

163 « grands électeurs »

En mars 2014, les électeurs parisiens devront en effet élire au sein de leur arrondissement des « conseillers d’arrondissements », 517 au total. Parmi eux, seuls 163 « conseillers de Paris » seront envoyés à l’Hôtel de Ville, en fonction des résultats du scrutin. Ce sont ces « grands électeurs » qui devront ensuite désigner le futur patron de la capitale. Mais tous les arrondissements ne sont pas égaux : plus l’arrondissement est peuplé, plus le nombre de « conseillers de Paris » élus est important. Résultat : mieux vaut l’emporter à 50,1% dans le XVe arrondissement, qui envoie 17 conseillers de Paris à l’Hôtel de ville, que recueillir 99% des voix dans le Ier arrondissement, qui en désigne seulement 3. En 2001, Bertrand Delanoë avait ainsi été élu maire de Paris alors que les listes d’arrondissement de gauche n’avaient recueilli que 49% des voix.

NKM veut un duel direct avec Hidalgo

Le député UMP Bernard Debré a donc suggéré cette semaine de modifier ce mode de scrutin, adopté en 1982, pour que, parallèlement aux élections dans les arrondissements, les Parisiens élisent directement le maire de la capitale et son équipe, dans le cadre d’une circonscription unique. L’UMP assure vouloir ainsi lutter contre les effets pervers du système actuel. Mais NKM espère aussi amoindrir le poids des arrondissements dans le scrutin.

Car 12 des 20 quartiers de Paris sont pour l’heure tenus par la gauche et les maires sortants sont traditionnellement plus difficiles à déloger lors des élections municipales. Surtout, la candidate UMP est persuadée que sa stature nationale lui permettrait de l’emporter dans le cadre d’un duel direct avec la candidate PS Anne Hidalgo. D’ailleurs, selon un sondage Ifop publié le 9 juin dans le Journal du Dimanche, l’ancienne ministre talonne sa rivale socialiste, avec 35% des voix au premier tour, contre 37% pour Anne Hidalgo. En revanche, elle reste encore largement distancée au second tour avec 46% des voix contre 54%.

« La gauche a peur du peuple »

« Son appétit pour un scrutin sur son nom traduit l’ambition de NKM pour la présidentielle », a accusé sur Twitter Marie-Pierre de la Gontrie, membre de la cellule « Riposte » d’Anne Hidalgo. « La gauche a peur du peuple », réplique l’intéressée.

Si la proposition de l’UMP a peu de chance de passer, il va pourtant bien falloir changer -un peu- les règles électorales à Paris. C’est en effet le Conseil constitutionnel qui l’exige. Le président PS de la Commission des lois à l’Assemblée Jean-Jacques Urvoas devait déposer cette semaine un texte modifiant le nombre de conseillers par arrondissement, pour tenir compte de l’évolution de la population.

Seul « hic » : la nouvelle répartition prévoit de baisser le nombre de conseillers dans cinq « petits » arrondissements, dont trois (Ier, VIIe et XVIIe) sont tenus par la droite, alors que les « grands » arrondissements qui gagneraient des conseillers sont, eux essentiellement socialistes (XIXe, Xe, XVIIIe, et XXe). Seule exception : la mairie UMP du XVe arrondissement, qui gagnerait un conseiller supplémentaire. Forcément, l’UMP hurle au « tripatouillage » électoral, à moins d’un an des élections.

Christine Ollivier

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L’isoloir: la campagne des élections municipales 2014 à Paris

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