L'isoloir

Municipales 2014: journal de campagne à Paris

Municipales Paris 2014 : la primaire UMP vire au fiasco

Jean-François Legaret-vote

Soupçons de fraude, bugs technique, faible engouement, contestations : à peine lancée vendredi, la primaire UMP pour les municipales à Paris vire au fiasco. L’un des candidat Pierre-Yves Bournazel a carrément réclamé la « suspension immédiate » du vote qui doit s’achever lundi soir.

L’UMP a décidément bien du mal à organiser des élections internes. Après le formidable pataquès provoqué par l’élection du président de l’UMP en novembre dernier, la fédération de Paris avait opté, pour désigner le candidat aux municipales de 2014, pour un vote électronique. Le scrutin a été confié à Docapost, filiale de la Poste, sous le contrôle de la CNIL, d’un huissier et de deux « experts indépendants ». Promis, juré : cette fois, ça allait bien se passer. Eh ben non.

La fraude, un jeu d’enfant

A peine le scrutin ouvert vendredi à 8h, les journalistes de Métronews faisait la démonstration qu’une même personne pouvait assez facilement frauder en votant plusieurs fois. Preuves à l’appui. Il suffit en effet de connaître le nom, l’adresse et la date de naissance d’électeurs parisiens pour voter à leur place. De fait, les organisateurs avaient prévu que deux personnes puissent voter avec la même carte bleue -il faut acquitter 3 euros pour voter-, afin de faciliter la procédure aux couples. Sauf que Metronews a pu voter trois fois avec la même carte bleue…

Encore faut-il connaître les noms, adresses et dates de naissance d’électeurs parisiens. Un jeu d’enfant pour un fraudeur un minimum déterminé : ces informations figurent sur les listes électorales, facilement accessibles. Sans compter les fichiers de l’UMP eux-mêmes qui, visiblement, circulent pas mal. « Les fichiers sont détenus à la fois par le centre national, les fédérations, les députés, et par les délégués de circonscription », a expliqué sur France Bleu Philippe Goujon, président de la fédération de Paris. En concédant que certains anciens élus avaient fort bien pu conserver, aussi, ces fichiers.

Un problème ? Quel problème ? Interrogé sur le sujet, Philippe Goujon a répliqué vendredi matin en rappelant aux journalistes de Métronews que la fraude était passible de 15.000 euros d’amende et un an de prison. Pour le reste, « le système est ultra sécurisé ».

« Jamais plus »

Parallèlement, beaucoup pestaient contre la complexité de la procédure de vote. Alors que le candidat Jean-François Legaret était filmé par BFMTV en train de peiner devant son ordinateur (photo), Chenva Tieu, ancien candidat rallié à Nathalie Kosciusko-Morizet, dénonçait sur Twitter ces « problèmes techniques » : « Docapost n’est pas à la hauteur de ses promesses commerciales! ».

« Je ne ferai plus jamais de primaire informatique. Jamais plus », a asséné Claude Goasguen, un soutien de NKM, sur BFMTV. « Les difficultés pour s’inscrire sont considérables ; les difficultés pour voter sont considérables ».

A L’isoloir, nous avons donc fait le test (en votant blanc) en début d’après-midi. Bilan : pas de difficulté particulière. Le système est assez simple à comprendre quand on suit pas à pas la procédure, même si le premier mail de confirmation de l’inscription au scrutin a mis plus d’une heure à arriver.

Reste qu’au final, les soupçons de fraude ouvrent la voie à des contestations lors de la proclamation des résultats du premier tour lundi soir.

« Vote publiquement ridiculisé »

Déjà, un des plus farouches adversaires de NKM, Pierre-Yves Bournazel, a réclamé vendredi la « suspension immédiate » du scrutin. « Cette situation inacceptable ne permet plus de croire aujourd’hui à la sincérité du scrutin », a-t-il lancé lors d’une conférence de presse improvisée. « Aucun d’entre nous ne peut sortir légitimé » d’un « vote publiquement ridiculisé ».

« Il n’est évidemment pas question » de suspendre le vote, a répliqué Philippe Goujon sur BFMTV. Pierre-Yves Bournazel « est en train de briser l’image de l’UMP », a accusé le député UMP, pro NKM, Bernard Debré, sur i-télé. « Il porte une lourde responsabilité parce que pour le moment tout se passe relativement bien ».

Ajoutée à une faible mobilisation -moins de 20.000 électeurs inscrits vendredi matin alors que la fédération UMP compte près de 30.000 membres- cette confusion fait une victime : NKM. L’ex-ministre Rachida Dati, qui avait dû s’effacer à son profit, ne s’y est pas trompée, en lui donnant le coup de pied de l’âne sur Twitter : « Fortes tensions, divisions, suspicions de fraude, faible engouement, c’est ce que j’avais hélas prédit ».

Largement favorite dans les sondages, NKM risque fort de sortir affaiblie du scrutin, même en cas de victoire lundi soir. Plus question désormais d’espérer lancer sa campagne municipale avec l’exemple d’un bel exercice démocratique. Et si le résultat est contesté devant le Conseil supérieur de la primaire et son président Antoine Rufenacht, le fiasco tournera carrément au cauchemar.

Christine Ollivier

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Cette entrée a été publiée le 31/05/2013 par dans UMP, et est taguée , , , , , , , , , , , .

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